Introduction
La MSH SUD est un lieu de dialogue, un carrefour qui fait se croiser les disciplines, les métiers, les mondes (professionnels, sociaux).
Pour créer ce dialogue, le dessin s’impose comme un outil de médiation particulièrement pertinent car il rend accessible au plus grand nombre les enjeux, les réflexions qui sont les nôtres.
Dans ce contexte, l’image — qu’elle soit schématique, métaphorique ou narrative — joue un rôle clé : elle permet de matérialiser des idées complexes, de clarifier des processus et de créer des ponts entre monde académique et citoyens. Représenter les services, les dispositifs de la MSH SUD par le dessin, c’est bien plus qu’illustrer des activités : c’est donner à voir l’invisible, transformer des visions en paysages intelligibles, et rendre tangibles des dynamiques de travail souvent abstraites.
Comment traduire graphiquement la collaboration entre équipes, la circulation des savoirs, ou encore l’impact sociétal d’un projet ? À travers ces illustrations cet article propose un récit visuel des activités de l’unité ; comme outil de médiation à part entière. Cette approche visuelle, à la fois pédagogique et créative, invite à repenser la communication scientifique comme un dialogue où l’image occupe une place centrale.
Quelle perception a-t-on de la MSH SUD ?
La MSH SUD se conçoit comme un bateau navigant au long cours, guidé par un cap : contribuer à une meilleure compréhension des enjeux contemporains à l’interface entre sciences et société. Notre trajectoire s’inscrit dans une approche résolument interdisciplinaire, où les SHS permettent d’analyser en profondeur les dynamiques d’interdépendance entre l’humain et les écosystèmes. Sur notre route, nous faisons escale sur des îles métaphoriques, chacune abritant différents dispositifs (plateformes, partenariats institutionnels/associatifs, projets participatifs, etc.) qui offrent des espaces d’expérimentation et de co-construction avec les acteurs de terrain.
La MSH SUD avance, fidèle à son cap mais ouverte aux vents du changement et aux dialogues fertiles qui font avancer la recherche.
La MSH SUD vue par...

© Ghellini_2009
Symbole de la revue Carnet d’en-quête de la MSH SUD
Ce dessin incarne l’idée du voyage, tant extérieur qu’intérieur, à travers des symboles puissants. La sterne, oiseau migrateur, représente la liberté et le mouvement incessant, évoquant l’idée de quête, d’évasion et d’exploration. Elle symbolise également la capacité à aller au-delà des frontières, à se libérer des contraintes, tout en restant en quête d’un horizon lointain. Le lotus, quant à lui, est un symbole central dans de nombreuses traditions spirituelles, notamment dans l’Hindouisme, où il incarne l’épanouissement de l’âme et le chemin vers la réalisation de soi. Il fleurit dans l’eau boueuse, un reflet de la transformation intérieure et de l’ascension spirituelle, guidée par la recherche de l’équilibre et de la sagesse. L’association de ces deux éléments incarne ce que peut être un stage, et illustre donc parfaitement la revue Carnet d’en-quête de la MSH SUD, dédiée aux travaux des stagiaires de la MSH SUD.
En…Quête

© Ghellini_2009
Illustration de l’atelier « Le Terrain des données »
« Le Terrain des données » est un atelier qui propose des formations autour de la Science Ouverte et de la gestion des données de recherche. L’objectif est d’aider les chercheurs, chercheuses, étudiants et professionnels à mieux comprendre comment organiser, partager et valoriser leurs données tout au long de leurs projets scientifiques. Le mot « terrain » renvoie ici à une idée d’exploration et de découverte. C’est un espace vivant, en mouvement, où l’on apprend en faisant. Cette idée est représentée par des arbres qui sortent de terre, chacun portant un concept important : le plan de gestion des données, les métadonnées, les principes FAIR, la documentation, etc. Chaque arbre symbolise une notion clé qui pousse et prend forme grâce à des pratiques ouvertes, responsables et durables. Le Terrain des données est donc un lieu où l’on apprend ensemble, où l’on échange, et où l’on construit pas à pas une meilleure façon de faire de la recherche, plus transparente et plus collaborative.
Le Terrain des données

© Ghellini_2009
Le laboratoire des transitions
« La co-construction au cœur du Laboratoire des Transitions, un espace de dialogue et de collaboration entre politiques publiques régionales et monde de la recherche ».
L’objet des Laboratoires des transitions est d’organiser, dans un format dynamique, un espace de co-construction des politiques publiques autour de grands enjeux sociétaux. Ces enjeux sociétaux sont repérés, précisés et documentés, à partir d’un travail collaboratif entre les différents acteurs impliqués dans la démarche (chercheur.ses, praticien.nes des politiques publiques, etc.).
Ce dessin représente la collaboration et la co-construction entre différents acteurs. L’idée du puzzle illustre à la fois le travail du Laboratoire des Transitions et de la MSH en général.
Imbrication

© Ghellini_2009
Mise en valeur de la journée Trait d’Union
Trait d’Union est un tiers-lieu favorisant la coopération entre les acteurs locaux (notamment associatifs) et la communauté scientifique pour ancrer les recherches dans le territoire et favoriser une transition écologique et sociale en Région Occitanie.
Trait d’Union s’adresse aux structures (association, collectif de citoyens, etc.) confrontées à des questionnements rencontrés dans le cadre de leurs activités.
Le 24 juin 2025, pendant la journée annuelle, Nicolas a illustré la matinée en plénière avec cette jolie esquisse qui correspond à 3h de travail.
Croquis de la journée Trait d’Union 2025

© Ghellini_2009
Le plateau Éco Santé
La MSH SUD constitue un « tiers-lieu » pour favoriser interconnaissance et rapprochements entre les acteurs de la recherche de toutes disciplines pour comprendre la complexité des questions socio-environnementales et des défis des transitions.
La thématique Santé-Environnement de la MSH SUD explore les liens entre l’environnement et la santé à travers des projets interdisciplinaires sur la région Occitanie, en mettant l’accent sur la participation des acteur rices de recherche, élu·es, associations, habitant·es, ainsi que la valorisation des résultats de recherche.
Le plateau Éco Santé mobilise les connaissances générées par différentes disciplines académiques, en réunissant acteurs académiques et non académiques et rassemblant plusieurs dispositifs portés ou accompagnés par la MSH SUD.
Le plateau Éco Santé hors les murs

© Ghellini_2009
Mise en récit des recherches participatives
Dans le cadre de la réflexion menée avec la Région Occitanie pour le renforcement des liens entre les acteurs de la recherche et la société́ civile, la MSH SUD se donne pour mission de renforcer la compréhension des apports des sciences et recherches participatives et leur visibilité. L’hypothèse forte est que ces démarches aspirent à reconfigurer la manière de mobiliser les savoirs dans la production des connaissances et qu’elles permettent des apprentissages croisés.
- Comment est-ce que les démarches participatives impactent les participant.es, par exemple dans leurs rapports à la science, leurs pratiques citoyennes, leur quotidien ?
- Comment transforment-elles en retour les pratiques et savoirs des chercheur.es dans leurs objets ?
La série de dessins ci-dessous met en image le travail de recherche partagé entre Emma Tapin, étudiante en stage à la MSH SUD et Estelle Fourat, sociologue et chargée de mission co-recherches à la MSH SUD. Il a permis de rendre les récits encore plus sensibles.
Plutôt que de tenter de répondre à des questions institutionnalisées, l’enquête - Mise En Récit des Recherches participatives (MERR) - à été l’occasion de nous tourner vers l’expérience vécue des recherches participatives par celles et ceux y ayant prit part.
« Nous leur avons simplement demandé de nous raconter ce que ces recherches avaient, ou non, changé pour elles, ce qu’elles avaient vécu, retenu, traversé...Cette enquête se propose ainsi d’interroger les dimensions souvent invisibles ou peu explorées des recherches participatives, en prêtant une attention particulière à l’expérience vécue de celles et ceux qui les traversent. »
Emma Tapin
Aussi je vous invite à consulter la story maps créée par Emma Tapin, Raconter les recherches participatives - Rendre visible les vécus https://storymaps.arcgis.com/stories/e5e648be2d1f49689986914112eaba8c, dont voici quelques extraits.
Morceaux choisis...
Dans le cadre de notre démarche de recherche, le carnet de dessins devient un espace de réflexion visuelle, un terrain d’exploration sensible et conceptuelle. Parmi les dessins réalisés par Nicolas, certains résonnent particulièrement avec nos orientations de recherche : Solutions fondées sur la Nature sur le littoral méditerranéen, biodiversité en ville, écologie et évolution de la santé, approche de co-construction et d’intermédiation.
Cette sélection n’est pas simplement esthétique : elle repose sur la capacité de certains croquis à faire émerger des questionnements, à illustrer des hypothèses, ou à ouvrir des pistes d’analyse. Ils nous permettent de donner forme à des idées, à traduire des observations complexes, voire à créer un langage parallèle qui dialogue avec les approches plus classiques de la recherche. Le dessin devient ainsi un support de narration et de pensée.
La pièce manquante

© Ghellini_2009
La pièce manquante illustre parfaitement le projet Évaluer le projet 'Territoire Zéros Chômeurs' sur le territoire de Lodève.
« Territoires Zéro chômeur longue durée (TZCLD) est une expérimentation visant à garantir un accès à l’emploi pour toute personne qui en serait éloignée. [...] mené dans plus de 80 territoires en France. »
Site internet de l’association Expérimentation Territoriale contre le Chômage de Longue Durée
À l’origine de cette démarche participative : la volonté commune de plusieurs acteur·ices de l’expérimentation TZCLD sur le territoire de Lodève, d’évaluer ce projet pour voir ce qu’il apportait en termes de développement économique et social à la ville de Lodève. C’est ainsi qu’un groupe dit de "recherche action" s’est créé autour de cette question, comprenant des personnes de l’association TZCLD, des chercheur·euses et stagiaires, des représentant·es de la partie RSA du département, des salarié·es de l’entreprise à but d’emploi de l’expérimentation (EBE l’Abeille Verte - une association liée à TZCLD).
À l’issu de plusieurs rencontres entre ces différent·es acteur·ices impliquées dans cette recherche, portant sur l’évaluation du projet 'Territoire Zéros Chômeurs', un questionnaire à pu être co-construit. Les réponses au questionnaire ont été analysées d’une part par les stagiaires en charge de l’enquête et, d’autre part, par le département.
Une lueur d’espoir

© Ghellini_2009
Une expérience sensible qui procure de la joie et le sentiment de participer à de belles expériences collectives...
Ce jardin secret épanouissant

© Ghellini_2009
Ce dessin illustre le projet Évaluer l'impact des espaces tests agricoles sur la transition des territoires.
« Le test d’activité définit le moyen pour une (ou des) personne(s) de développer une activité agricole de manière responsable et autonome en grandeur réelle, sur une durée limitée, afin d’évaluer le projet et soi-même, dans le but de décider de la poursuite, de l’ajustement ou de l’abandon du projet.
L’Espace-test agricole désigne une entité fonctionnelle, coordonnée, réunissant l’ensemble des conditions nécessaires au test d’activité. Il a comme fonctions fondamentales la mise à disposition : d’un cadre légal ; de moyens de production ; d’un dispositif d’accompagnement et de suivi. »
Charte de RENETA - Réseau National des Espaces -Tests Agricoles
Pour résumer, cette démarche participative s’est déroulée sur deux temps :
- Un premier temps autour d’un stage collectif avec des étudiant·es de l’institut agro de Montpellier qui ont travaillé, d’une part à la réalisation d’une méthodologie d’évaluation d’impact des ETA sur les territoires, et d’autre part à l’application de cette méthode d’évaluation sur un premier territoire.
- Un second temps autour d’un stage individuel d’un étudiant, également à l’institut agro de Montpellier, qui avait pour objectif principal de faire de nouvelles enquêtes sur d’autres territoires, à partir de cette méthodologie d’évaluation.
Icare

© Ghellini_2009
Soif de temps

© Ghellini_2009
Le temps manque pour la recherche, manque pour la participation. Une chute lente en opposition au temps qui « n’est pas assez long » pour accompagner les projets et faire naître des initiatives partagées...
https://youtu.be/RVp3WrNCVlE?si=AH0gdHJECAilxUyL
Un espoir dans le soutien

© Ghellini_2009
Quel impact de la Covid pour les structures d’accompagnement aux personnes en situation d’exil en France ?
Au départ, cette démarche cherchait à documenter, avec et par les personnes directement concernées, les vécus et les effets d’une pandémie sur les personnes en exil. Pour cela le projet a été porté par Narrau - une structure de recherche indépendante - impliquant également plusieurs association d’appui aux personnes en exil.
Finalement, la problématique de cette première recherche à été recentrée sur le vécu et l’expérience des membres d’associations d’appui aux personnes en exil.
C’est dans un second temps que cette démarche à pu approfondir le côté participatif et véritablement échanger avec les premiers concernés : des personnes en situation d’exil en France. Toujours centrée sur la question de l’impact de la Covid sur leurs vécus, cette démarche s’est finalement axée sur les parcours migratoires de ces personnes. (à découvrir dans un podcast...)
La Promenade du Temps

© Ghellini_2009
Ce dessin accompagne le projet Recueillir la mémoire des personnes âgées avec Nos Mémoires Vives.
Nos Mémoires Vives est une association qui s’intéresse à la collecte d’histoire de vie de personnes âgées dans différents quartiers de Montpellier. Avec la précieuse aide de diverse structures comme le CCAS, ils et elles vont à la rencontre de ces personnes, parfois dans leurs lieux de vie intime, afin d’écouter et partager leurs histoires. Dans le cas du projet qui nous intéresse, les récits de vie partagés ont donné lieu à des "balades sonore" qui ont elles mêmes été lieux de témoignages et de rencontres...
Les Jardins Intérieurs

© Ghellini_2009
Pour le projet Mettre en place un plan de gestion halieutique avec la prud’homie des pêcheurs de Palavas-les-Flots, dans lequel sont impliqués les patrons pêcheurs de la prud'homie de Palavas-les-Flots et une juriste en thèse, l’objectif principal était de créer un plan de gestion halieutique pour le territoire de la prud’homie.
« Une prud’homie est une communauté de patrons pêcheurs qui collaborent sur un territoire défini et qui a le pouvoir de gérer leur ressource halieutique dans une optique de pêche durable et pérenne. Datant du XIIIe siècle, cela en fait l’une des plus anciennes institutions maritimes françaises. Suite au décret de 1859, les pêcheurs de Méditerranée ont préservé ce pouvoir de gestion de la pêche. Le territoire prud'homal s'étend sur 30 km de littoral de Frontignan à la Grande Motte [incluant les étang]. »
Fiche informative sur la prud’homie de Palavas-Les-Flots
Le Refuge du Matin

© Ghellini_2009
Des projets pour une démocratie alimentaire à Montpellier
Montpellier expérimente la démocratie alimentaire via plusieurs initiatives citoyennes qui s’appuient sur le pôle de recherche-action de l’association Vrac&Cocinas pour nourrir leurs réflexions et participer à un projet commun pour un accès à une alimentation plus juste. Parmi ces initiatives locales, on retrouve notamment la Caisse Commune de l’Alimentation, géré par un comité citoyen, l’émergence d’un café-épicerie cuisine solidaire, ainsi qu’un autre projet en cours, la construction d’un laboratoire citoyen de démocratie alimentaire. Ces démarches regroupent donc de nombreux·ses acteur·ices engagé·es - associations, acteur·ices de l’économie sociale et solidaire, chercheur·euses, groupements paysans, institutions locales etc. - qui se regroupent régulièrement pour échanger et avancer autour d'un objectif commun : un accès à une alimentation de qualité pour toutes et tous.
Appliquée aux enjeux d’accès à une alimentation durable en situation de précarité, la recherche-action-participative semble ici être un outil pertinent pour contribuer à l’émancipation des personnes marginalisées. En outre, bien que ces initiatives existent en dehors de l’appuie de la recherche, cet échange et l’accompagnement qu'elle propose offre à chacun·es la possibilités d’apprentissages mutuels !
Conclusion
Merci Nicolas par ton coup de crayon, ta belle vision de la vie et des émotions qui la composent. Notre collaboration montre comment la recherche peut devenir poétique, sensible malgré des sujets complexes.